En Suisse, plusieurs hôpitaux, dont le CHUV, prévoient d’ouvrir une maison de naissance au sein de leurs maternités. Un retour
au naturel soutenu par le corps médical qui dénonce les dérives de la médicalisation à outrance de l’accouchement.
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L’ouverture de maisons de naissance à l’hôpital incarne une vraie révolution sous-tendue par un questionnement profond sur
l’obstétrique telle qu’elle est pratiquée depuis des décennies et dont le point d’efficacité optimale a désormais été dépassé. Pire, de nombreuses études le démontrent: la technologisation
croissante de l’accouchement a pour conséquences des effets délétères sur la mère et l’enfant. Un sacré retour de balancier pour des sociétés qui visent la sécurité avant tout.
Nouvelles complications.
Augmentation de la morbidité et de la mortalité, cas de détresse respiratoire chez le nouveau-né, hospitalisation et
convalescence prolongée, risques d’anémies graves, utérus cicatriciel...
De multiples complications peuvent être corrélées à la hausse massive du taux de provocations et de césariennes dans les pays
développés et en voie de développement.
Longtemps source de discordes entre les membres du corps médical, tous s’accordent désormais à dire que l’augmentation de la
technique et de la surveillance fœtale n’apporte pas véritablement d’avantages, en particulier chez les femmes dont les grossesses ne sont pas à risque.
«Grâce à l’obstétrique moderne, d’énormes progrès ont été faits pour la sécurité de la mère et de l’enfant, mais désormais, on
plafonne en termes de bénéfices, appuie Patrick Hohlfeld, chef du département de gynécologie-obstétrique-génétique du CHUV à Lausanne. Ce qui nous préoccupe vraiment, c’est que la
multiplication des césariennes accroît notamment la possibilité que le placenta soit mal placé lors de grossesses ultérieures, ce qui est source de complications et de morbidité très importantes.
Ce genre de cas n’arrivait que très exceptionnellement par le passé, nous y sommes désormais confrontés plusieurs fois par année.»
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De facto, le corps de la femme est soumis, lors de la grossesse et de l’accouchement, à des procédures médicales standardisées
comme si toutes les femmes étaient à haut risque, alors que seule une petite minorité l’est réellement.» Une approche qui, selon la chercheuse, ne nous permet pas de voir les effets délétères de
certains actes médicaux sur le bon déroulement de l’accouchement. «Il s’agit souvent de situations en cascade. Une première intervention en entraîne une autre et ainsi de suite. Au final, la
patiente en arrive à dire: “Heureusement que j’étais à l’hôpital sinon cela se serait mal passé”, alors même que tous ces actes auraient été inutiles si le premier n’avait pas eu
lieu.»
Cette logique centrée sur le risque prend également corps dans les protocoles mis en place en milieu hospitalier, et notamment
par l’utilisation systématique du monitoring, dont le but est la surveillance du cœur fœtal durant le travail. Et ce alors même que de nombreuses sociétés professionnelles, dont le Royal College
of Obstetricians and Gynaecologists, ont démontré que cette pratique est inappropriée pour les grossesses à bas risque. L’évidence
scientifique révèle que, dans ces cas-là, cette pratique augmente le risque de césarienne d’environ 20% sans bénéfice pour la mère et l’enfant. (...)
Comme en France , les sages-femmes qui se sont battues pour ouvrir de "vraies" Maisons de Naissance , demandent à ce qu'un
autre nom soit donné aux "maisons de Naissance" hospitalières , afin qu'aucune confusion ne soit faite: «Les hôpitaux doivent trouver un autre nom pour leurs unités physiologiques, défend
Barblina Ley, présidente de l’association. L’appellation n’est certes pas protégée, mais nous nous sommes battus pendant quinze ans pour être enfin reconnus par la LAMal. Une différenciation doit
être faite.»
Vous pouvez retrouver l'intégralité de cette article sur : http://www.hebdo.ch/medecine_la_renaissance_de_159630_.html
Cette article va également dans le sens d'une étude britannique sur les accouchements à domicile publiée dans le
British Medical Journal du 19 Avril dernier, qui suggèrait de laisser le choix du lieu de naissance aux femmes ayant une grossesse sans complications qui accouchent de leur
deuxième bébé et au-delà.
(Source : http://blog.santelog.com/2012/04/25/laccouchement-a-domicile-devrait-il-etre-developpe-british-medical-journal/
)
Comme je l'ai toujours dit, ce site n'a pas pour vocation de proner l'accouchement à domicile pour toutes, mais de
laisser le libre choix aux femmes / couples qui en font la demande.
Toutes les études qui ont été faites dans ce sens confirment qu'il n'y a pas plus de risque d'accoucher chez soi ou en
Maison de Naissance, les médecins eux-mêmes constatent que la surmédicalisation de la naissance augmentent les risques d'interventions (césariennes / forceps,etc....) , sans parler des coûts
engendrés par ces derniers.
Sur ce terrain ,la France a un retard considérable à rattraper face à d'autres pays européens qui offrent plus de choix aux
couples sans avoir plus de mortalité infantile et maternelle (voire même moins que dans notre pays d'ailleurs).
Peut-être que la sécu comblerait une bonne partie de son déficit si on laissait les parents choisir leur lieu de naissance,
et que l'on réduisait médicalisation et interventions inutiles dans les hôpitaux.
Il est indéniable que les progrès de la médecine sauvent
certainement des bébés et des mamans qui ont une pathologie réelle, mais il faut aussi admettre qu'elle induit des complications qui n'auraient
pas eu lieu si elle ne s'était pas substituer au processus naturel .
Quoiqu'on en dise , la naissance est un processus naturel et on n'a pas attendu les médecins pour accoucher depuis la
nuit des temps, si c'était le cas, l'humanité serait éteinte depuis belle lurette!