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De nos jours, il est rare que les futures mamans soient suivies toujours par la même personne tout au long de leur grossesse et de leur accouchement.
Elles peuvent voir beaucoup d’interlocuteurs différents et les informations qu’elles sollicitent, peuvent varier d’une personne à une autre…ce qui risque de les désorienter plus que de les informer vraiment !
Hors, on sait que pour qu’un accouchement se passe bien, le sentiment de sécurité intérieure de la future mère en est la clé.
La présence d’une doula pendant la grossesse, l’accouchement et la période post-natale, crée cette continuité en établissant une relation de confiance.
Une doula est une personne spécialisée dans l’accompagnement non médical de la naissance.
C’est une personne ressource qui saura être à l’écoute du couple et qui doit pouvoir fournir une information aussi objective, complète et actuelle que possible aux questions qu’ils se posent.
Grâce à sa bonne connaissance de la physiologie de la grossesse, de la naissance et de la période post-natale, elle pourra aider les futurs parents à choisir les différentes possibilités qui s’offrent à eux, sans les juger, ni influencer leurs choix.
Elle s’engage au secret professionnel et ne doit proposer aucun accompagnement religieux à la naissance mais se doit, en revanche, de respecter l’orientation religieuse des parents.
Les doulas ne sont pas des coachs, ni des thérapeutes.
Elles ne pratiquent aucun acte médical, ne doivent établir aucun diagnostic et elles ne peuvent pas être présentes à un accouchement sans la présence d’une sage-femme ou d’un médecin.
Beaucoup de sages-femmes voient d’un mauvais œil l’apparition des doulas, car elles estiment que ces dernières se sont approprié leur rôle en accompagnant psychologiquement la femme enceinte et la jeune maman… mais, malgré tout, qu’elles ne font pas le même métier et n’empiètent pas sur le travail de l’autre (voir article ici).
La sage-femme :
F Fait un suivi médical de la grossesse, prescrit des examens ou des thérapeutiques adaptées au cas de sa patiente.
F Réalise la préparation à la naissance et si l’état de la mère le nécessite, la suit en hospitalisation à domicile.
F Peut suivre le travail de l’accouchement et le pratiquer s’il se déroule dans des conditions physiologiques.
F S’assure de la santé de la mère et du bébé et lui prodigue, le cas échéant, les soins nécessaires.
F Peut conseiller et soutenir la mère qui veut allaiter.
F Assure la rééducation post-natale et peut guider le couple dans le choix d’une méthode contraceptive après l’accouchement (voir ici)
La doula est plus là pour répondre aux autres questions qu’un couple n’oserait peut-être pas poser à un professionnel de
santé.
F De plus, une doula
apporte également son aide pour gérer le quotidien de la maman, aussi bien pendant, qu’après l’accouchement (gestion des ainés, soins du bébé, etc.…), ce qui ne rentre pas dans les compétences de
la sage-femme.
F Après la naissance, elle peut aider à planifier le retour à la maison et reste aussi disponible si les parents désirent revenir sur l’accouchement. Elle sera là pour écouter leur ressenti avec respect.
Elle est un peu comme une « grande sœur » ou une « mère » qui ayant déjà accouché et ayant une bonne connaissance de la physiologie de la grossesse, de la naissance et de la
période post-natale, peut répondre à leurs questions.
C’est pour cela que le travail des doulas s’intègre parfaitement dans le cadre d’un service à la personne spécifique à la grossesse et à la période post-natale.
Elles sont un peu comme les « aides de vie » de cette période.
Leur accompagnement est complémentaire de celui de la sage-femme ou du médecin et ne remplace en aucun cas le suivi médical de la future maman
pendant sa grossesse ou son accouchement.
De plus, il est rare de nos jours qu’une sage-femme puisse nous suivre de A à Z… et le soutien d’une doula, surtout quand on donne la vie en milieu hospitalier (ce qui représente 99% des accouchements actuellement en France), peut être très bénéfique pour la future maman.
Des études scientifiques* ont montré les
effets bénéfiques de la présence d’une doula lors d’un accouchement :
- 50% de diminution du taux de
césarienne ;
- 25% de réduction du temps de travail ;
- 60% de réduction de demande de péridurale ;
- 30% de réduction d’utilisation d’analgésique ;
- 40% de réduction de l’utilisation de forceps ;
- moins de dépression post-partum ;
- un meilleur souvenir de l’accouchement ;
- une confiance en soi accrue ;
- un meilleur taux d’allaitement et un allaitement plus long.
Malheureusement pour le moment, le métier de doula (ou d’accompagnante) n’a aucune existence juridique réelle.
A l’heure actuelle, rien n’oblige une doula à avoir suivi la moindre formation, ni à signer la charte de déontologie de Doulas de France (DDF).
C’est donc aux parents de se renseigner sur la compétence de celle qu’ils auront choisi et de décider de mettre fin à leur « collaboration » s’ils ne se sentent pas en total confiance avec elle.
Malgré tout il faudrait aussi que les doulas puissent arriver à se fixer un cadre juridique pour légitimer leur pratique, afin de pouvoir venir
combler le « vide » des "services à la personne spécifiques à la périnatalité"….
Car cette demande existe vraiment !
* MARSHALL, Phyllis Klaus et KENNELL, John, The Doula Book : How a trained Labor Companion Can Help You Have a Shorter, easier and Healthier
Birth (le livre des Doulas : une compagne de tavail expérimentée peut rendre un accouchement plus court, plus facile et plus sûre), New-York, Perseus Press, 2002.
Avis du Dr.Max Ploquin, gynécologue-obstétricien à Chateauroux.
http://www.maxploquin.info/
" Pourquoi j'accorde une réelle
importance et une juste place aux doulas ?
Parce que le climat actuel qui préside aux naissances dans les hôpitaux et cliniques n'est pas toujours très serein. Trop souvent, les cours de préparation à la naissance n'existent pas,
restent très légers, ou peu adaptés à ce qui attend les parturientes lors de leur accouchement.
Souvent les mamans se sentent « abandonnées » du fait que chaque sage-femme doit s'occuper d’un trop grand nombre de parturientes, donc n'ont pas le temps d'effectuer un bon
accompagnement. Certaines sages-femmes ne semblent pas elles-mêmes formées à cet accueil et à la Préparation à la naissance…
Le père lui-même, même « bien préparé » pour la circonstance, n'est souvent pas en mesure de faire face tout seul aux différentes difficultés qui peuvent se présenter, ne serait-ce
qu'administratives…
La présence d'une doula peut nettement favoriser les choses, ne serait ce qu'en le déchargeant de certaines formalités et en aidant les parents à s'assumer pendant le travail de l'accouchement…
et c'est encore bien plus nécessaire quand le père ne peut participer à la naissance de son bébé.
Une doula, dans ce cas, ne remplace bien sûr pas la sage-femme – ce n'est pas la même fonction – mais elle peut énormément aider les parents et/ou la sage-femme à assurer un accompagnement
digne de ce nom. Et c'est encore plus vrai lorsque la naissance est décidée à la maison et que cette maman a de nombreux enfants ou n'a pas sa mère, sa belle mère ou même parfois pas son
compagnon près d’elle, même si c'est occasionnel.
J'ai vu de nombreuses doulas ou apprenties doulas dans nos « Rencontres de Châteauroux » et je peux garantir que l’aide que peuvent apporter ces personnes extrêmement dévouées et désintéressées
est extraordinaire.
Et je ne vois pas du tout en quoi cela pourrait gêner les sages-femmes. Bien au contraire cela ne peut que leur apporter une assistance précieuse auprès des mamans et des papas ; c'est
une autre fonction, une autre profession, qui n'a surtout rien de médical !"
Pour en savoir plus:
http://www.doulas.info/
